Mercredi 22 septembre 1915

Dès le réveil, au loin, on entend une violente canonnade. La compagnie de mitrailleuses et  les pionniers de chez nous partent pour bivouaquer à Wargemoulin. (L’attaque sera sûrement pour demain, terrible journée encore, gare à la casse !)  Repos pour nous quoi qu’on s’attende à partir dans la journée ou bien à la nuit. Distribution de musettes, bidons, caleçons, cravates, chaussettes, etc.… etc.…

Marius est sorti définitivement de l’infirmerie. Il revient avec tout son fourbi près de nous. Il est guéri mais il a de la faiblesse.

A 11h, temps superbe, le canon tonne toujours sans interruption. Beaucoup de nos ballons captifs sont élevés et surveillent le tir de notre artillerie ou encore les mouvements de l’ennemi. Nos aéros, eux-aussi circulent. Nous devons partir à la nuit, l’ordre vient d’arriver. Pendant l’après-midi nous démontons nos tentes et préparons nos sacs.

A 18h 30 nous quittons notre bois de sapins (côte 189) et nous nous dirigeons vers les lignes. Il fait un splendide clair de lune. Nous passons Laval et nous nous arrêtons entre Laval et Wargemoulin. La route côtoie un grand talus dans lequel des abris ont déjà été creusés et c’est là-dedans que nous devons passer la nuit. Nous  deux Marius choisissons un petit trou et  nous y installons ; Toile de tente au dessus de nous, une autre dessous ; on s’enroule dans notre couverture, la capote sur nous, la tête sur le sac et voilà…

Tout au pied de nous, sur la route passent sans cesse les ravitaillements de toutes sorte. Même au galop ça ne m’empêche pas du tout de m’endormir. La canonnade a déjà  diminué d’intensité. Bosset est de reste avec le train régimentaire.

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