Le projet Georges Baudin

Le vécu d’un soldat au coeur de la grande guerre

Découvrez le récit raconté quotidiennement par Georges Baudin, brancardier sur les champs de batailles de 14-18. Georges Baudin a écrit pendant ces quatres longues années, ses sentiments, ses impressions, son quotidien dans de petits carnets nous permettant de partager avec lui son histoire.

Le témoignage brut d’un homme

Georges Baudin décrit dans les moindres détails ses peurs, ses émotions, les atrocités dont il est témoin, ces courts instants de répits, les nombreuses fois où la mort le frôle … Mais aussi les moments de rigolade avec ses équipiers de front. Les carnets précieusement conservés, ont été retranscrits par la petite fille de Georges Baudin et donnent aujourd’hui naissance à un document à valeur historique, un incroyable récit nous embarquant en plein coeur de la guerre 14-18.

Plongez dans le témoignage brut d’un homme et de son expérience hors du commun. Enfoui depuis de longues années, il est désormais mis à jour, afin de découvrir les moindres détails que recèle cette guerre.

Il était une fois … Georges Baudin

Georges Baudin est né le 17 juin 1891 à Laines aux Bois, petit village situé à sept kilomètres de Troyes dans l’Aube dans une famille de petits agriculteurs vignerons. Il aimait la musique, mais c’était avant tout un paysan dur à l’ouvrage, appréciant les chevaux, cultiver les champs, le jardin et la vigne de ses parents.

Après trois années de service militaire à Nancy, il espérerait retourner auprès de ses parents et de sa soeur. Cependant les événements politiques de juillet 1914 vont bouleverser le cours de l’histoire et propulser des millions de jeunes hommes et de pères de famille dans un des plus grands cauchemars de l’humanité. C’est ainsi qu’il se retrouva à la caserne Thiry, musicien à la Musique du 26e régiment d’infanterie (26e RI). Ce régiment qui appartient à la 11e division (célèbre division de Fer) et à la 21e brigade du XXe Corps, s’est distingué pendant les cinq années de combat et a été décoré pour ses faits de guerre de six citations à l’ordre de l’armée, de la fourragère rouge et de la Légion d’Honneur. Le 29 juillet, tous les militaires sont déjà sur le pied de guerre. Le 31 juillet, le XXe Corps est mobilisé et le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Georges Baudin part avec ses camarades musiciens du 26e pour devenir sur le front, brancardier des blessés et des morts tombés au « Champ d’Honneur ». Il fait ainsi la campagne de Lorraine, puis celle de la Somme, des Flandres Belges (Langemark), du Nord Pas de Calais, de la Champagne (Wargemoulin – Tahure), de l’Argonne (le Mort-Homme devant Verdun), de la Somme (sud d’Arras), de l’Aisne (le chemin des Dames), de Verdun (côte 388), de l’Oise (Soisson) pour terminer en Belgique en 1918. Au fil des années, il voit de bons copains tomber sous le feu de la mitraille et doit affronter une maladie, dont peu à cette époque en échappaient, la typhoïde. Il y a aussi les bons moments, « les repos bien mérités » où les musiciens, pour remonter le moral des troupes, donnaient des concerts.

À 28 ans, Georges Baudin fut démobilisé. Il épousa quelques temps après Hélène Chominot. Ils eurent deux filles, Solange et Huguette et huit petits enfants, dont ils en connurent six. Georges Baudin continua à jouer de la musique à l’harmonie municipale du village de Bouilly, dont il fut pendant quelques temps leur chef. Puis progressivement, il prit le temps de se reposer davantage. Une crise cardiaque emporta son coeur et ses douloureux souvenirs le 3 juillet 1962.

Aujourd’hui, près de 100 ans après le début de la Grande Guerre, sa petite fille Marie-Claude Pintiau, souhaite publier ses écrits. « Jamais mon grand-père n’a évoqué la guerre devant moi. Jamais il n’a parlé de ses carnets de guerre. La blessure devait être si grande qu’il préférait oublier tout cela. Pourtant un jour qu’il faisait sa sieste habituelle, ma grand-mère, me dit en secret loin de l’oreille de mon grand père :
- C’est à cause de la guerre qu’il est fatigué, il a même écrit des carnets où il raconte tout ce qu’il a vu, il a aussi été très malade à cause de la typhoïde et aurait pu en mourir. C’est pour cela qu’il doit faire attention à sa santé et se reposer ; il avait un très bon copain qui s’appelait Marius…
Tout cela m’est resté en mémoire. Un peu plus tard, j’en parlai à ma mère qui me confirma l’existence de ces carnets. Elle les gardait dans une boîte dans un placard de ma chambre depuis le décès de mes grands-parents. J’en ai bien lu quelques pages comme mes frères et soeurs, mais ce n’était pas facile tellement l’écriture était fine et serrée….
En 2008, un an après ma retraite, j’ai commencé la retranscription des carnets. Achevée en 2010, je venais de réécrire le texte sans retirer la moindre information, afin de faire connaitre la vie d’une équipe d’Hommes qui ont été envoyé en pleine jeunesse avec des millions d’autres dans une fournaise infernale pour défendre et servir leur pays. »