Dimanche 27 juin 1915

Nous sommes relevés par le 69ème et le réveil est à 3h. Sac au dos nous quittons nos abris « au  fond de vase » et passons à Maroeuil pour arrêter près de la route de Haute-Avesnes. Les camions autos stationnent et nous devons les prendre. Nous faisons la pause un instant et prenons place dans les autobus. Le convoi se met en marche. Nous passons à Hermaville, Izel-les-Hameaux et Manin où nous devons cantonner avec le 1er bataillon. Nous descendons de voiture à 8h30. Le 2ème bataillon est au village voisin : Givenchy le Noble et le 3ème réparti ainsi : 9ème et 10ème à Haute-Avesnes, 11ème et 12ème Cie de reste à Maroeuil pour réparer et faire de nouvelles tranchées, boyaux etc.…

Notre cantonnement est dégueulasse et nous partons dans un pré derrière la ferme installer nos tentes portatives. Le temps qui commençait à s’éveiller dès le petit jour s’assombrit, se fâche et l’eau tombe. Je m’en fiche, je suis à couvert quand même. L’après-midi, nettoyage à fond et échange de linge car on en a besoin.

Dès le jour que nous rentrons en ligne jusqu’au jour où nous sommes relevés : pas de toilette à faire, l’eau est même très rare.

Après la soupe de 17h, nous partons (Buat, Bosset et moi) porter notre linge sale à laver jusqu’à Noyelle à notre ancien cantonnement.

Dans ce pays, les femmes ont un poil dans la main qui pourrait leur servir de canne. La pluie a cessé de tomber et nous nous attardons dans diverses maisons de sorte que l’on se décide à quitter Noyelle à 21h30. Nous avons étendu un bon lit de paille sur l’herbe humide et nous nous mettons en devoir de l’écraser. Il est 22h30.

Bonne vie au séjour, on n’entend plus ni fusillade, ni canon ; on se repose la tête.

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