Permission de 22 jours du 25 décembre au 17 janvier 1919 inclus

Posté dans la catégorie "Le récit"

Le mauvais temps  persiste pendant toute ma perme. Les vieilles classes rentrent tour à tour insensiblement. Les émeutes continuent à Berlin. La conférence de la paix commencera très prochainement. La France sera représentée par cinq diplomates :

Clémenceau, Pichon, Klotz, Tardieu, J Cambon et Le Maréchal Foch siègera à titre de généralissime des armées alliées.

D’après certains renseignements, mon régiment aurait quitté Arthies, séjourné à Pontoise et continue sa marche vers Epernay ou Vitry. Je ne sais de quel côté repartir n’ayant pas de renseignements très exacts sur la région qu’ils occupent. J’apprends durant les derniers jours de ma perme que mon régiment séjourne quelques temps au camp de Mailly*. Bien entendu, je prends un jour de plus pour le rejoindre directement. Je repars le 18 janvier par le train de minuit pour arriver à 3h30 du matin en gare de Mailly.

Le 26ème est de service sur les quais. Un sergent nous emmène jusqu’au camp (quatre kilomètres). Nous trouvons les baraquements où sont déjà logés les musiciens rentrés de perme. Ils sont à l’autre bout du camp près de Trouan. Nous entrons dans une baraque. Je trouve aussitôt Marius, Mimile et Gugusse de retour de l’hôpital et de convalo. Une place m’est déjà réservée. Je m’y installe en attendant le jour (4h30).

*Mailly : camp militaire au nord de l’Aube sur la RN 77

Mardi 24 décembre

Posté dans la catégorie "Le récit"

Nous arrivons à Paris gare St-Lazare à 5h, prenons l’express pour Troyes à 8h et arrivons avec beaucoup de difficultés vers 11h du matin. J’accompagne Marius jusque chez lui.  Il me prête sa bicyclette pour rentrer chez moi.

Arrivée à Laines à 13h. Mauvais temps dans l’après-midi.

Lundi 23 décembre

Posté dans la catégorie "Le récit"

Beau temps.

Nous avons enfin la perme ce soir. Préparatifs de départ : emballage soigné des instruments, les étuis sont bourrés de paille pour éviter les chocs de la voiture et les chaos qui abîmeraient nos « bignous » !

Nous passons à la caisse de la C.H.R. pour toucher indemnité de route et prêt durant notre permission. Maintenant, nous allons profiter de bonnes et longues permissions en attendant la libération. Vingt jours, ça vaut la peine (citations en plus). Je pars donc pour vingt-deux jours. Nous partons tous ensemble d’Arthies vers 17h et il faut faire dix-huit kilomètres pour  prendre le train sur la ligne de Rouen à Paris.

Dimanche 22 décembre

Posté dans la catégorie "Le récit"

Journée sombre et pluvieuse. Nos permissions sont établies. Nous pensons partir demain. Nous sommes tous heureux. Il restera juste un musicien pour garder : cheval, voiture et instruments.