Samedi 30 novembre 1918

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La pluie est tombée toute la nuit. Ce matin le temps s’éveille et l’on remet cela !

Nous quittons Arneke (Nord) à 6h30 et marchons vers Lynde (vingt-deux kilomètres).  Nous devons y cantonner cette nuit. La pluie recommence à tomber dès que nous arrivons au village et toute la nuit.

Vendredi 29 novembre

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Vendredi 29 novembre 

Nous quittons Westvleteren à 6h et  marchons vers Roussbruge* et la frontière.

Grande halte en route et à la nuit nous arrivons à Arneke pour y passer la nuit. Nous avons fait vingt-huit kilomètres aujourd’hui et demain nous remettons cela.

C’est égal, je ne sais où ils nous emmènent. Où sont donc passés nos camions autos et nos wagons pour se taper de pareilles marches ?

Ne pourrait-on pas maintenant soulager un peu nos jambes déjà vieilles et usées ? Que fait notre matériel roulant ?

Maintenant que ce n’est plus pour nous emmener rapidement à la boucherie ou dans les fournaises on se fiche de nous ! Voilà les égards qu’ils prennent pour nous. Heureux encore que nous sommes vainqueurs ! Sans quoi ce serait certainement pis !

*Roesbrugge

Mercredi 27 novembre

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Toute la nuit a été pluvieuse. Aussi ce matin le temps s’éveille.

Nous quittons Hooglede à 6h et marchons vers Langemark (des ruines bien entendu). Nous traversons les anciennes lignes de 1914 -1918 où toute la campagne est déserte, pas même un arbre ne reste debout.

Le terrain est retourné et bouleversé par les « marmites » qui sont tombées pendant quatre années. Ici et là quelques morceaux de bois et de ferraille épars, des fils de fer barbelés, des blockhaus en béton ou ciment armé et tout un matériel de tranchées et de secteurs divers et hétéroclite.

Nous faisons grande halte, mangeons la soupe chaude et continuons ensuite notre route.

Au 32ème kilomètre nous arrivons à Westvleteren. Il fait nuit et il nous faut encore faire deux kilomètres pour aller chercher notre sac aux voitures du train de combat régimentaire.

A la frontière franco-belge d’Oost-Cappel, nous avons fait défiler tout le régiment en signe d’adieux à la Belgique.

Enfin ce soir je suis  bien fatigué et j’espère passer une bonne nuit.

Nous sommes cantonnés dans un baraquement. Demain : repos.