Du mardi 27 au samedi 31 août inclus

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Répétition et concert chaque jour. Plus de bruits d’embarquement au contraire, de mauvaises langues jasent et parlent de remonter au secteur. Il paraîtrait qu’une division du 7ème Corps se serait fait massacrée sur les bords de l’Ailette et comme nous sommes encore en réserve de l’armée Mangin, certains prétendent que nous serions obligés de monter les relever. Mais ce soir encore, il n’y a aucun ordre de partir.

Lundi 26 août

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Le repos se prolonge. Nous pensons déjà que c’est mauvais signe surtout que des renforts nous arrivent du dépôt divisionnaire.

Nous apprenons officiellement que la fourragère aux couleurs de  la médaille  militaire vient d’être conférée au 26ème régiment d’infanterie par le G.Q.G., quatre citations à l’ordre des armées.

Je pense que nous serons fiers de la porter.

Matinée de répétition et  concert sur la place de 18h30 à 19h30. Le beau temps très chaud continue.

Dimanche 25 août

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Journée  complète  de repos  pour  nous remettre de la pénible marche de  cette nuit. Je vais au poste de secours faire renouveler mon pansement. Des bruits courent que nous embarquerions très prochainement.

Nous nous réjouissons déjà de sortir des griffes de « Mangin ».

Samedi 24 août

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De très bonne heure nous sommes réveillés car le bataillon doit se déplacer pour se porter plus en avant toutefois, il reste en réserve. Avant de partir le major me renvoie au poste de secours central car je ne peux continuer mon service par crainte de complications.

Je reprends le chemin de Vézaponin. Dans la vallée se tiennent en réserve dans un bois notre 2ème et 3ème bataillon. Le poste de secours central est près d’eux. Il y a quelques abris. Je m’y installe avec quelques copains qui sont comme moi, fatigués ou malades. Temps superbe.

Dans la soirée nous devons faire mouvement mais cette fois… en arrière. Nous pensons tous quitter le secteur pour aller passer le repos que nous désirons depuis si longtemps. Je crois en effet qu’il y a bon*. Nous devons partir à la nuit.  Aussi, comme il y a une très longue étape à faire (trente-deux kilomètres environ), je demande au médecin-chef  l’autorisation de monter dans la voiture médicale… Satisfaction m’est accordée.Toute la nuit nous marchons dans la direction de Taillefontaine, ensuite : Villers-Cotterêts. Les avions ennemis survolent nos routes et carrefours. Plusieurs bombes sont lancées et par un hasard, il n’y a aucun accident à relater.

Un orage se déchaîne dans le courant de la nuit. Il tombe très peu d’eau. La route est longue et les pauvres gens très fatigués tombent par endroit sur l’accotement. Quelques uns montent aussi en voiture. Enfin tant bien que mal, on arrive à Bonneuil (Oise). C’est là que nous devons cantonner.

*expression de Georges pour dire : que c’est bon