Mercredi 31 juillet

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Nous avons tous passé une bonne nuit et au petit jour, on crie partout dans le château : « alerte aux gaz ! ».

Tout le monde, bien vite est réveillé et chacun a sa boite à masque à côté de soi. Les minutes passent et on ne sent pas les gaz délétères annoncés.

Toutefois, on répand partout dans la cour du chlorure de chaux pour neutraliser toute intoxication. Enfin, au bout d’un certain temps, on sonne la fin de l’alerte. Personne du reste n’est inquiété. Assurément il vaut toujours mieux prendre des précautions afin d’écarter tout danger.

Mais au lieu de rester sur son lit tranquille, le colon debout depuis longtemps a déjà battu les environs du château et  fait une rencontre malheureuse.

Sur son chemin, un macchabée gisait là depuis très longtemps du reste et était en complète décomposition. Bien vite il rentre au château en colère, fait des reproches à notre médecin-chef, au chef de musique… Grand branle-bas partout !

Et qui est ce qui écope ? C’est encore nous. Une équipe est envoyée de suite avec pelles et pioches pour faire disparaître ce cadavre pendant que d’autres copains font la corvée de quartier toujours en punition.

Enfin que l’on soit en lignes ou en repos, les hommes sont toujours agacés par ces insupportables gradés. C’est à croire qu’ils sont payés pour em…. le monde.

Quand laisserons-nous tomber ces gens là ?

Ah ! L’armée, triste société… Beaucoup ne valent pas la corde pour les pendre.

Durant la journée le château reçoit plusieurs rafales d’obus de gros calibre mais les murs sont fort solides et personne ne risque d’être blessé ou touché par les redoutables engins. Les permissions reprennent leur cours à raison de 4%. Cette fois Marius part et nous quitte dans la soirée… il est heureux !

Mardi 30 juillet

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La relève a eu lieu dans la première partie de la nuit par les deux bataillons de chasseurs à pied de la Division (2ème et 4ème). Pendant l’heure de la relève les Boches déclanchent un tir de barrage d’une certaine intensité. Quelques morts et quelques blessés dont un seul transportable au brancard. Nous le ramenons au poste de secours du bataillon en partant pour l’arrière. Nous devons cantonner au château de Pernant. Le régiment restera momentanément en réserve en attendant la grande relève… le repos.

Nous quittons notre secteur agité vers 23h et rejoignons vers 1h du matin le poste de secours  central, là où sont nos camarades.

Au petit jour nous allons occuper les grottes ou carrières creusées sous les fondations même du château de Pernant. Je reprends ma vie tranquille parmi mes nombreux camarades et nous procédons un peu à notre toilette car ce n’est pas par gloire mais bien par besoin. Nous sommes rentrés dans le calme et la tranquillité. Pourvu que cela dure !…

Lundi 29 juillet

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Beau temps. Rien à signaler. Aucun blessé depuis quelques jours. Quelques tuyaux nous arrivent au sujet de la relève tant désirée. Elle serait fixée pour demain soir. A la tombée de la nuit nous allons chercher deux morts tombés dans les environs. Une demi-heure suffit pour les ramener près de nos abris. Nous les enterrerons demain matin. Nuit relativement calme partout.

Dimanche 28 juillet

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Temps couvert mais beau. Rien à signaler. Tirs de contre-batteries et de harcèlement durant toute la journée. Point de blessés. Toujours quelques intoxiqués surtout au 3ème bataillon.

Pas de « filons » au sujet de la relève. On en a « marre ». On vit dans la saleté : pas d’eau, impossible de changer de linge de corps car nous n’avons pas nos sacs avec nous.