Du mardi 11 juin au mardi 2 juillet 1918 inclus

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Grande et agréable permission. De temps à autre je reçois des nouvelles de Marius qui me tient au courant de leur emploi du temps et de leur occupation de secteur entre Compiègne et Soissons.

Il fait un temps chaud et splendide pendant presque toute la permission. J’aide mes parents à la fenaison. La santé s’améliore toujours progressivement.

Lundi 10 juin

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Je fais vivement ma toilette et à 8h. Je roule enfin vers Troyes. Beau temps. J’arrive en gare à midi.

Bien entendu mes parents sont heureux de la surprise que je leur fais en arrivant… un couvert de plus et à table… car « je  crève  de faim! »

Dimanche 9 juin

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De très bonne heure nous sommes réveillés car nous sommes nombreux à partir.

Nettoyage et toilette. Le jus nous est encore servi avant notre départ  fixé à 8h.

Nous allons au bureau des entrées toucher notre indemnité de voyage et les permissions de convalescence nous sont remises. Nous avons une perme de vingt jours (convalescence et détente de juin cumulées). Aussi quelle grande joie pour nous. Vingt jours ! Jamais je ne me suis vu avec une aussi longue perme en poche.

Nous nous acheminons lentement vers la gare après avoir fait nos adieux à l’hôpital, à son personnel, et après avoir jeté un dernier regard sur la mer et la grande plage de sable fin.

Il est évident que nous regretterons encore le bon temps passé ici car moi-même je m’y plaisais beaucoup.

Nous quittons Le Crotoy à 9h30 par le « tortillard » qui nous amène en gare d’Abbeville. De là nous prenons l’express venant de Calais pour Paris par Abancourt, Serqueux, Beauvais, Pontoise.  Le temps reste couvert et la pluie menace.

J’arrive enfin à Paris (gare du nord) à 20h30. Impossible pour moi de prendre l’express de 20h30 pour Troyes malgré l’infime distance qui sépare les deux gares. Je peux toujours courir. J’essaie en vain d’y aller mais je ne suis point surpris d’apprendre que ce dernier est parti depuis quatre à cinq minutes. Il me reste donc à coucher dans la capitale en attendant l’express de 8h demain matin. La pluie commence à tomber et comme il n’est pas très tard, je trouve une petite chambre à louer dans un hôtel.

Du 2 au 8 juin 1918 inclus

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Ma santé va toujours de mieux en mieux. Evolution vers la guérison. La fièvre et la toux s’atténuent progressivement. Toujours les mêmes bons soins par les infirmières. Tous les soirs promenade sur la plage où l’on se distrait à loisir en admirant baigneurs et baigneuses. L’appétit devient meilleur (grand régime) et mes forces reviennent sensiblement. Journées magnifiques et chaudes.

A l’auscultation d’hier, le major me considère guéri. En effet, je ne sens aucun malaise. Il me met sortant pour demain 9 juin avec une permission à titre de convalescence.

Ces jours derniers, j’ai reçu des nouvelles de mes amis ainsi que toute ma correspondance arriérée. Maintenant ils ont repris le chemin du théâtre des opérations actuelles et à bref délai, il est fort probable que dès maintenant ma division (la 11ème) soit engagée dans la fournaise de Soissons-Château-Thierry. J’attends de fraîches nouvelles pour être au courant de leur déplacement. Enfin je vais toujours profiter d’une bonne petite perme avant de les rejoindre.

Cet après-midi nous avons nos effets militaires et à l’aide d’une perme de sortie établie par notre médecin traitant nous allons visiter la petite ville du Crotoy où nous achetons quelques provisions pour notre route et  voyage dans le « dur ».

Sur la plage devant le port a été érigée la statue de Jeanne d’Arc.

Gentille et coquette petite cité. Enfin je vais encore passer une bonne nuit ici.