Lundi 29 avril

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Arrivé à Vaires à 7h du matin, le train pour Troyes n’est que pour cet après-midi à 14h30.

Ici tout le confort possible : cantine, bureau de tabac, réfectoire, salle d’écriture et de lecture, lavabos, bains, douches et cinéma. Je passe mon temps assez agréablement en attendant l’heure du train. Journée pluvieuse.

J’arrive en gare de Troyes vers 22h30.

 

Du 30 avril au 10 mai 1918 inclus : Permission

Dimanche 28 avril

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Il broussine. Pas de réveil brutal ni d’ordre de départ, ça colle !

C’est égal nous avons passé une très bonne nuit bien que nous ayons été mal couchés. Aujourd’hui nous allons pouvoir mieux nous reposer puisque nous ne nous déplaçons pas.

Vers 10h, bonne nouvelle pour moi, je pars en perme cet après-midi.

Bien vite je m’apprête à me nettoyer et je vais au bureau de la C.H.R. prendre des instructions pour mes heures de départ et pour la gare d’embarquement. Je dois prendre le train à neuf kilomètres, à Saleux pour 19h.

Vers 14h, je quitte mes camarades qui me traitent de « veinard » car ils pensent monter au secteur bientôt. Il est évident que pour moi  ce serait une riche affaire de les trouver au repos quand je rentrerai de perme.

Après avoir fait quelques emplettes et quelques provisions à Saleux pour mon voyage, je prends le chemin de la gare et vers 19h30, je saute dans le train.

Rapproché d’Amiens de quatre kilomètres, je distingue très bien l’éclatement des gros obus sur la ville et sur le quartier de l’esplanade de Beauvais. Quelques maisons brûlent. Maintenant, presque tous les habitants ont émigré. La ligne de feu est actuellement à seize ou dix-sept kilomètres à l’est de la ville.

Villers-le sec, Villers-Bretonneux, Hangard-en-Santerre sont dans les lignes et ces villages sont pris et repris journellement.

Une pluie fine fouette les vitres du wagon. Je roule vers Poix, Beauvais, Serqueux, reprends ensuite vers Pontoise, Achères, Noisy-le-Sec et arrête enfin à la grande gare des permissionnaires de Vaires-Torcy.

Samedi 27 avril

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Samedi 27 avril 

Temps superbe. A 6h, sac au dos, nous quittons Villers. Nous repassons dans Hornoy et marchons ensuite à l’ouest d’Amiens. La marche est pénible car nous avons près de vingt-cinq kilomètres à faire pour nous rapprocher d’Amiens. Maintenant il n’y a plus de doute, je crois que très prochainement nous serons engagé dans le secteur : Amiens, Villers-Bretonneux. Vers 14h nous arrivons presque aplatis à Bovelles (onze kilomètres d’Amiens). Nous nous installons dans des cantonnements très malpropres. Bah ! Si nous n’y passons que cette nuit !

La pluie commence à tomber dans la soirée.

Des bruits courent que la marche que nous avons faite aujourd’hui ne servira à rien, que nous n’irons pas dans le secteur de la Somme mais très probablement dans les Flandres (vers Ypres).

Enfin pas besoin de s’en faire, nous verrons demain et puis si seulement on pouvait m’envoyer en perme ces jours ci, je me ficherai du reste.

D’ici on entend très bien l’intense bombardement sur le front de la Somme, ce n’est qu’un grondement incessant. Aussi, par-là, c’est la fournaise !…

Vendredi 26 avril

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Temps couvert et sombre. Nous ne faisons rien. Les permissions de détente ont repris le 25 à un faible pourcentage. A la Musique il en part un ce soir. Je reste donc le premier à partir.

Dans l’après-midi nous sommes alertés de nous tenir prêts à partir dans la soirée et de monter nos sacs dès maintenant. Nous ignorons encore si ce déplacement aura lieu à pied ou en auto. Quelques heures plus tard un contre-ordre arrive. Le 8ème d’artillerie se déplacera seul ce soir et l’infanterie demain durant la journée.

Rien ne nous surprend d’ailleurs… on s’attendait à ce coup là. Enfin nous en serons quitte pour démonter nos sacs et nous réinstaller.

A la nuit défilent dans le village le 8ème d’artillerie en entier et l’artillerie lourde de la D. I. c’est-à-dire trois groupes de 155m/m (Schneider 1917).

Ce défilé dure environ trois heures consécutives.

Nous allons encore passer une bonne nuit ici. Demain réveil à 5h et départ  à 6h.