Jeudi 31 janvier

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Aucun changement, nous fendons du bois tout l’après-midi pour en avoir une petite réserve d’avance. Tout est toujours calme et point du tout de blessés. Véritablement nous avons de la chance ! Durera-t-elle aussi ? Espérons-le !

Mercredi 30 janvier

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Bosset arrive de bon matin avec sa voiture nous amener le ravitaillement du jour. La cuisine est dans des marmites toute prête. Il n’y a qu’à faire réchauffer car ici il nous est absolument défendu d’allumer de grands feux.

Il vient nous dire bonjour dans notre sape. Ainsi tous les matins, il viendra nous amener le ravitaillement.

Ici, nous touchons de la gnôle. Elle est d’ailleurs très bien accueillie.

Les autres musiciens sont toujours aux casernes de Verdun. On pense que l’autre moitié nous relèvera la semaine prochaine.

Même température et même accalmie sur l’ensemble du secteur.

Mardi 29 janvier

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Même ouvrage et même temps qu’hier. Nous prenons certaines dispositions pour pouvoir combattre efficacement la présence des gaz si toutefois les Boches avaient l’intention de nous en envoyer.

Partie de piquet pour veiller un peu. Le secteur continue à être calme.

Deux bataillons sont en ligne dans des trous d’obus ou dans quelques tranchées mal aménagées. Il y a très peu de sapes puisque toutes ont été éboulées et ensevelies sous l’infernale tempête de feu et de fer de 1916.

Le bataillon de réserve s’occupe à faire et à établir de solides travaux de défense en seconde et 3ème lignes. Le matériel leur est monté à dos de mulets ou de bourricots.

Lundi 28 janvier

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Temps sombre, froid et très silencieux.

Une équipe est de service chaque jour pour nettoyer le poste de secours et faire différentes corvées avoisinantes ainsi que pour prendre la garde durant la nuit et prévenir en cas d’alerte aux gaz (mesures de précautions).

Nous deux Gugusse, aménageons notre sape et faisons un petit réfectoire. Nous nettoyons les abords et avec un cubilot* nous chauffons l’intérieur. Comme bois, nous démolissons de vieilles caisses à munitions abandonnées par les artilleurs. La journée se passe ainsi très tranquille. Nous en sommes tous étonnés. Notre ravitaillement arrive dans la soirée et la nuit est calme.

*four à cuve formé d’un cylindre de tôle avec un revêtement réfractaire à l’intérieur.