Jeudi 30 novembre 1916

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Toujours temps de brouillard. Matinée de repos. Nous attendons la soupe.

L’après-midi, corvée de matériel de 15h à 18h (grenades, planches, madriers, fils de fer, fusées etc.). Le secteur est à peu près calme et nous ne sommes pas trop fatigués. La marche est toujours pénible, la boue est très épaisse et colle ! Heureusement que le temps se maintient. Nous mangeons la soupe en rentrant et le bon feu nous réchauffe. Nous faisons un petit café. Accalmie presque toute la nuit.

Mercredi 29 novembre 1916

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Même temps qu’hier nous ne faisons rien de la matinée. Nous faisons un bon feu dans notre abri. Nous commençons à être sales, dégoûtants mais on ne fait pas de toilette. On ne demande qu’une chose : la relève.

A la nuit des équipes vont transporter du matériel au 1er bataillon. Je reste car la mienne est de service pour les blessés. J’ai de la veine de ne pas marcher.

Aucun blessé de signalé.

Violents duels d’artillerie (tirs de barrage de part et d’autres) de 17h à 20h. Feu d’artifice au dessus des lignes, fusées lumineuses de toutes couleurs. Le calme revenu nous nous couchons et nous passons une bonne nuit. Le feu marche encore dans notre abri.

Mardi 28 novembre 1916

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Dés le matin, quelques équipes retournent au matériel. Nous, nous faisons la grasse matinée. Nous faisons du feu et attendons la soupe. Journée de brouillard. Pas d’avions, point de « saucisses ». Les Boches bombardent notre 1er bataillon vers 14h et notre 3ème vers 16h. Nous transportons encore du matériel jusqu’au poste du colonel (près de Frégicourt) et à la nuit, nous le remonterons au 1er bataillon. Même chemin boueux et fangeux, pas de boyaux. Nous évitons le plus possible les trous d’obus mais nous y entrons quand même jusqu’à mi-jambes. Heureusement que les «  bougies » nous éclairent un peu de temps en temps. Notre corvée est tôt faite. Le secteur est calme ce soir et je rentre à mon abri vers 18h30. Quelques équipes sont aux blessés ; il y en avait six.

Lundi 27 novembre 1916

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 N’ayant pas eu trop chaud au lit, nous nous levons et continuons bien vite notre abri.

Il y a un brouillard intense. Le calme règne. Nous partons barboter des madriers,  des sacs à terre, des tôles de blindage, des briques.

Pendant que nous faisons le toit, Marius monte une petite cheminée dans un coin et après dîner, notre cagna est terminée. Toute la soirée nous faisons un bon feu. Certaines équipes vont transporter du matériel au 1er bataillon, d’autres restent pour aller aux blessés. Mon équipe part au poste de  secours du 3ème bataillon. Nous ramenons un blessé puis rentrons vers 22h. Tout est calme.