Mardi 29 février 1916

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Le colonel trouve que nous avons bien travaillé et comme les pionniers ne nous suivent pas pour faire les claies (il y a pour le moment assez de gaulettes d’avance),

Il nous prescrit donc le repos.

Toilette, nettoyage de notre cantonnement et travail sur nos instruments le restant de la matinée. Après-midi, correspondance et jeux de toutes sortes.

Dimanche 27 février

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Journée de repos. Nettoyage de notre petit baraquement. Toilette, jeux et correspondance. Temps couvert et sombre.

Journellement nous entendons une vive canonnade du côté de Verdun. Les Boches ont déclenché une grande offensive le 20 février contre nos positions (autour de notre place forte de Verdun). Ils avaient massé sept Corps d’armée. Jusqu’à présent ils ont subi un gros échec.  Par place, ils ont avancé de quelques kilomètres. On se serait replié sous la violence de leurs bombardements sur nos positions arrière beaucoup plus fortes.

La bataille continue avec acharnement et toutes leurs menées avec de gros effectifs et en masse serrées échouent l’une après l’autre. Leurs pertes seraient considérables.

La 39ème division faisant partie de notre Corps et étant près de Baccarat entrain d’établir de nouvelles défenses a été embarquée rapidement ces jours derniers. En dix heures de temps, la division se portait immédiatement au secours de nos troupes qui opèrent sous Verdun. La division que nous avons également relevée ici dans notre secteur a embarqué à Nancy, gare St-Georges ces jours derniers pour le même endroit aussi.

Pour nous rien de nouveau. Nous sommes même étonnés de rester ici car d’habitude partout où ça cognait très dur, toujours nous y étions.

Telles que les batailles de l’Yser, d’Arras (labyrinthe et Neuville), de Champagne (butte de Mesnil-Les-Hurlus et Beauséjour).

Enfin estimons nous très heureux cette fois. Nous n’y perdrons rien, peut-être plus tard. « Autant de pris en passant » car là-bas, il doit sûrement dégringoler quelque chose comme « marmites » de tous calibres !!…

Samedi 26 février

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Journée splendide. Nous allons à notre boulot habituel. Les Boches prennent la fantaisie de bombarder Nancy avec leurs pièces de 380m/m durant toute la journée à raison d’un obus toutes les quinze à vingt minutes. Vingt de ces formidables projectiles ont semé la panique parmi les Nancéens. D’ici, nous entendons bien les arrivées et départs des obus s’écrasant avec un bruit sourd tel le bruit du tonnerre et répété plusieurs fois par l’écho des collines avoisinant la ville. Evolution d’aéros de part et d’autre. Nuit noire. Les projecteurs fouillent le ciel.