Samedi 31 juillet 1915

Posté dans la catégorie "Le récit"

Répétition sur l’alerte au camp et Espana. Concert habituel à 17h.

Ce soir encore, les projecteurs fouillent le ciel et font bonne garde contre les oiseaux de mauvais augure.

Jeudi 29 juillet 1915

Posté dans la catégorie "Le récit"

Pour moi c’est la vie de caserne qui reprend. Le réveil nous est sonné comme autrefois par le clairon du poste. Les territoriaux se lèvent, vont au jus et nous l’offrent à nous deux Berthier. Nous rangeons notre lit et descendons nous passer un peu d’eau sur la figure au lavabo. Ensuite nous allons dire bonjour à la cantine Jourdas.La demoiselle est seule et nous invite à déjeuner. Nous acceptons avec plaisir. Elle nous sert omelette, fromage, café, kirsch, cigare. Le compte est vite fait. Elle n’a voulu accepter aucun argent. Avant de la quitter, Berthier lui demande de lui préparer à manger pour 11h puis nous allons faire un petit tour en ville.

Je reviens au quartier à 11h moins le quart enlever les affaires qui me restent, méthode et linge de corps. Je retrouvais tout ainsi que celles de mes camarades. Tout ce qui était au bureau de la Musique fut descendu à l’ancien magasin de la 8ème Cie.

Je quitte Berthier qui doit manger à la cantine et je vais déjeuner avec Mme Degois. Je suis fort bien reçu et je la quitte à 14h30 pour retrouver Berthier  porte St-Nicolas. Nous sautons dans un tramway jusqu’à la sortie de Jarville.

Ensuite nous marchons jusqu’à Laneuville et là, je passe dire au revoir à Désiré. En le quittant, il passe une voiture allant à Azelot. Les gens nous invitent à y monter si bien que nous revenons plus vite à Manoncourt pour être présents au concert.

Mais  la Musique est déjà partie. Elle fait concert ce soir à Coyviller.

Voilà ma permission passée ; Oh très vite même, pensez vingt-quatre heures ! Enfin ça fait plaisir  de se promener. Cela nous fait oublier les mauvais moments.

Nuit calme. Rien à signaler.

Mercredi 28 juillet 1915

Posté dans la catégorie "Le récit"

Le chef et Bosset ne sont pas encore rentrés aussi nous faisons la grasse matinée. Pensez s’il y en a un seul qui souffle… sans blague, ils rentrent juste à 17h pour le concert. Journée où nous ne nous sommes pas cassés.

En rentrant du concert je mange la soupe en hâte et, ayant une permission de vingt quatre heures pour Nancy, je pars aussitôt après. Berthier aussi en a une et nous y allons ensemble. A 18h 30, nous traversons Ville-en-Vermois. Nous y rencontrons  une voiture se dirigeant vers Nancy et  des gens très aimables nous invitent à monter près d’eux. Inutile de nous le dire deux fois. On accepte bien vite et  en voiture ! Nous arrêtons  porte St-Nicolas à 20h. Je donne rendez vous à Berthier pour 21h 30 puis je trotte vivement chez Mme Degois pour la prévenir que j’irai manger avec elle demain midi. Je sonne, me voilà entré et justement  Désiré est là. Il cantonne moins loin que nous. Il est à  Laneuville devant Nancy et revient tous les soirs  chez lui.

Aussi, je cause là un bon moment puis je les quitte pour aller retrouver Berthier.

Nous nous promenons en ville ; mais comme elle est changée ! Il y a très peu de distractions à présent. Les rues sont faiblement éclairées et partout les rideaux de fer sont abaissés devant les grandes vitrines qui autrefois laissaient échapper des flots de lumière. Tout est paisible et fort calme. Après s’être promenés jusqu’à minuit nous rentrons dans notre ancienne caserne pour voir si nous pourrions trouver un lit et y  passer le reste de la nuit. Une compagnie étant de garde nous sommes allés nous étendre sur un de leur lit. Enveloppé dans une couverture, la capote sur moi, je passai une très bonne nuit.