Jeudi 22 avril 1915

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Rien à signaler. Le beau temps continue, nous devons quitter le pays ce soir.

D’après les mouvements de troupe que nous faisons et la direction que nous prenons, je crois que nous ne tarderons pas à avoir chaud. D’ici une douzaine de jours il y aura sûrement du nouveau pour nous et probablement sur tout le front. Notre Corps d’armée ne doit pas être seul par ici. J’ai entendu dire qu’il y en avait cinq. D’ailleurs, le 9ème s’y trouve également. Ce serait à peu près toute l’armée du général d’Urbal sous le commandement duquel nous sommes.

Après la soupe vers midi je pars faire le cantonnement avec deux autres musiciens et le 3ème bataillon à Villers-Sir-Simon. Les deux autres cantonneront à Hizel-les-Hameaux. Nous trouvons de la place pour loger la Musique, une place pour les chevaux de Bosset et une petite cabane où il y a de la paille fraîche et où nous viendrons coucher Bosset, Buat et moi. Il restera encore trois places pour d’autres. Notre cantonnement fini, nous cherchons  des œufs pour nous faire une bonne omelette. On la fait faire et nous mangeons dans un café. Cette dépense nous sera remboursée par la caisse de la Musique.

Notre repas fini, nous nous promenons en attendant la Musique et le bataillon parti de Monchy vers 20h. Ils arrivent à minuit. Je montre à Bosset la place pour ses chevaux et notre place réservée pour nous coucher avec Buat.

On s’y installe et on dort.

Mercredi 21 avril 1915

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Ce matin il pleuvine un peu mais le temps se remet. Il y a répétition et on parle de partir ce soir pour Monchy-Breton qui est à sept kilomètres. Nos sacs sont prêts en conséquence. Bosset a un autre cheval en attendant que l’autre aille mieux ou meure. Ce dernier est emmené par une corde derrière la voiture. La Musique fait quand même concert devant la mairie et à 18h 30 nous quittons Valhuon, passons à Brias puis St-Eloi et arrivons à Monchy.

La grange où nous devons coucher est un peu à tous les vents. Ce n’est que trous. Aussi nous allons coucher dans une cave dans laquelle il y a un peu de paille.

Chose comique, Buat en cherchant une autre place pour coucher a trouvé le moyen de descendre en vitesse dans la cave sans prendre l’escalier ; heureusement qu’il ne s’est fait aucun mal ! Finalement il a couché dedans et moi aussi.

Lundi 19 avril 1915

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Ce matin je me lève de bonne heure car il fait vraiment un temps magnifique. Et puis, c’est la bonne vie ici. La ferme est réveillée ainsi que la basse cour. Ce n’est que chants de coqs, gloussements de poules, roucoulements de pigeons, hennissements de chevaux, etc. Enfin, de tous côtés de la ferme, ce ne sont que bruits de toute sorte. Aussi, je finirais volontiers la campagne ici…

Ça me rappelle chez moi et quoique  absent depuis un couple d’années, j’espère toujours la revoir un jour.

Durant la matinée, mes copains font répétition et concert le soir. Il passe encore un régiment en camions autos.

Au matin, je pars avec Buat au café en face de notre cantonnement pour écrire ma correspondance. L’après-midi, la Musique va donner un concert dans un petit pays voisin où se trouvent le 2ème et le 3ème bataillon du 26ème. Je reste près de Bosset toujours ennuyé par son cheval qui ne va pas mieux. Il s’occupe déjà d’en trouver un autre pour le remplacer car on pense qu’il n’ira pas loin.

La voiture de la Musique affectée au téléphone à Herzeele nous revient. Ils ont  un ordre de réquisition pour s’en procurer une afin d’emmener les bobines de fil et leurs appareils etc.

Le soir, il fait bon et frais. Avec Buat, nous nous promenons ça et là et rentrons nous coucher à 23h.

Dimanche 18 avril 1915

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Il fait toujours beau.

Tout le monde roupille. On se lève très tard. Boisson quotidienne : le jus.

Je me lève et avec Buat, nous partons nous promener dans le village à la quête d’œufs. Nous en trouvons à très bon marché (un franc vingt la douzaine) aussi nous en profitons. L’après-midi à 16h concert sur la place, je n’ai toujours pas de bignou et je les écoute.

Le 160ème d’infanterie passe en camions autos et se dirige sur Avesne-le-Comte ; ce qui nous fait supposer que nous retournerions peut être bien du côté de Monchy, Hannescamps etc.  Bosset a été occupé toute la journée avec son cheval qui est malade et le vétérinaire du régiment  est venu le voir. La nuit se passe bien.

Lundi 19 avril