Vendredi 30 avril 1915

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Nous bûchons encore toute la matinée après notre abri et maintenant, étayé comme il est, nous ne craignons absolument rien.

A 14h le chef, le sous chef et les chefs d’équipes partent reconnaître les tranchées, le poste de secours et d’évacuation. Buat y est parti. Je fais partie de son équipe. Le soir on l’attend je vais à la paille dans une meule sur la route d’Arras. Il faut faire  deux kilomètres pour avoir de la paille fraîche. Enfin il rentre très fatigué vers 19h.

Jeudi 29 avril 1915

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N’ayant pas assez de place, Il faut refaire des abris,  plus une cuisine et une place pour le cheval.

Le temps est toujours superbe, après la soupe je change de linge car j’ai des totos depuis que je suis rentré. Je les ai attrapés dans la paille à Woestein dans les jours où je suis rentré et dame, j’en suis bien embarrassé et ça peuple vite cette denrée là aussi je me débarrasse du caleçon, chemise et flanelle que je ferai laver à  Etrain. Pendant ce temps, alors que je me rhabille, une tranchée s’écroule ensevelissant un musicien : Arsa.Tout le monde s’y précipite au galop avec pelles et pioches. Les minutes d’angoisse sont longues et ce n’est qu’au bout de vingt minutes d’efforts désespérés, que nous le retirons de là.  Il n’était que temps, il a perdu connaissance. Nous lui faisons la respiration artificielle. Il revient rapidement à lui. Il n’a rien de cassé mais il ne peut marcher. Il lui faudra quelques jours de repos et quelquefois ça peut mettre encore plus longtemps car du talé ou meurtri,   ce n’est pas tôt guéri. Le restant de l’après-midi, avec Buat, nous travaillons à consolider notre abri avec de gros étais que nous avons été débiter dans le bois. Après la soupe du soir, je vais porter mon linge à laver à Etrun distant de de nos souterrains d’environ cinq cents mètres à peine.

Mercredi 28 avril 1915

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Temps toujours superbe. La matinée repos car nous partons ce soir.

Le régiment rentre en ligne cette nuit. Nous quittons Villers-sir-Simon, passons  à Izel les Hameaux où se trouvent le 1er et le 2ème bataillon. Il est midi et il fait une chaleur torride. Nous nous dirigeons vers Maroeuil. Arrivés à un kilomètre du village nous faisons une très longue pause et nous partons croyant cantonner dans Maroeuil. Il est 18h. Avant d’entrer au village nous traversons une ligne de chemin de fer allant à  Arras.  La Musique tourne à droite en longeant la voie et le régiment continue son entrée dans le pays et se dirige vers les tranchées situées à environ trois kilomètres.

Tout le long de la voie où nous sommes, c’est un grand remblai tournant le dos à l’ennemi et dans ce remblai de solides abris ont été creusés et aménagés pour le 69ème parti lui aussi en ligne. C’est dans ces abris que nous allons cantonner. Le village de Maroeuil est arrosé de marmites tous les jours, de sorte qu’à cet endroit nous sommes plus en sécurité et par crainte de malheur nous nous installons ici. C’est préférable ; nous ne sommes pas ambitieux dans ces cas là. Nous trouvons un bon abri et nous y entrons. Nous sommes quatre, Buat est avec moi, Bosset est plus loin avec son cheval. Le grondement du canon se fait entendre et dans la nuit obscure s’élèvent de temps en temps des fusées lumineuses comme à l’habitude.

Mardi 27 avril 1915

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Rien à signaler, quelques équipes jouent encore.

Concert à 17h. Bosset promène son cheval pour le désennuyer. Il va en voiture à Avesnes et nous rapporte des huîtres, du saucisson, etc.