Jeudi 18 au mercredi 31 mars 1915

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Rien de nouveau pour moi, le matin pendant que les copains sont dans la cour à faire de l’exercice ou du maniement d’armes,  je reste dans la chambre avec quelques autres qui se font porter malades et qui sont exempts de service de sorte que nous jouons à la manille puis nous allons à l’épluchage des pommes en attendant la soupe de 10h. L’après-midi, après le rapport je vais à la promenade les mains dans les poches et les autres avec le fusil.

On rentre à 16h pour la soupe et après, toujours une petite tournée à la cantine avec Henri avant de nous coucher. Voilà  mon occupation de tous les jours. Je ne suis pas malheureux et le temps passe quand même.

Mercredi 17 mars 1915

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Ce matin, il pleut à l’averse  jusqu’à la soupe. A 13h : rapport. Tout le détachement d’Hardinghen sera armé et équipé à 15h.

Tous les matins, exercice et l’après-midi, promenade en arme. A 15h, je monte avec les autres à l’armurerie. Tous touchent fusils et équipements, sauf les sacs.

Moi, je ne suis pas réarmé, je retouche un coupe chou et pas d’équipement. C’est une grande surprise  car je pensais fort avoir un fusil ce qui m’aurait encore attiré des désagréments pour rentrer plus tard à la Musique.

Aussi quelle chance, devinez ma joie !

Mardi 16 mars 1915

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Ici nous sommes réveillés par le clairon comme au quartier, et comme de coutume nous avons le jus.  Ce matin, je suis tôt levé car je me suis couché tout habillé sur cette vieille paillasse de crainte d’attraper des totos. Toute la matinée, rien à faire sinon éplucher des pommes.

A 10h : la soupe. Il y a une grande différence avec celle d’Hardinghen. Même cuistance qu’au quartier, toujours le quart de vin matin et soir.

A 13h tout le monde en bas pour le rapport, et aussitôt fini promenade au dehors de la ville en détachement conduit par le sous-off. Nous sortons de Bergues en passant sur des ponts-levis car cette ville est entourée de fortifications anciennes qui ont été remises en parfait état de défense depuis le début des hostilités.  Ici et là, des pièces de 70 et 80m/m sont en place  et chaque jour, quelques unes font la chasse aux taubes qui s’aventurent à survoler Bergues.

Nous longeons le canal de Bergues à Hondchoote.Vers 15h, retour au quartier Leclaire. Ensuite la soupe.

Puis avec Henri et Noble, nous allons à la cantine absorber un vieux litre car ce n’est pas comme en temps de paix, on ne peut pas sortir du quartier.

Après la soupe jusqu’à 21h tout est consigné.

Lundi 15 mars 1915

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Dès le réveil, nous sommes debout car nous craignons partir ce matin, mais aucun ordre n’arrive. Nous jouons aux cartes au réfectoire. La soupe arrive à 10h et l’après- midi, ordre de partir à 16h. Nous ne savons  pas pour quelle direction. Je pense toujours aller au dépôt de Mâcon, afin d’obtenir ma perm de huit jours….

Mais malchance, on nous embarque sur Bergues dans un dépôt d’éclopés. Nous y arrivons vers 19h. Dès notre arrivée, nous déclinons noms, régiment, emploi, etc.…  et nous allons au réfectoire manger la soupe. Ce dépôt d’éclopés est installé dans une caserne où était en garnison avant la guerre le 2ème bataillon du 110ème d’infanterie et  la cantine y est toujours. Ici comme au bateau, il en vient et il en part tous les jours. Des chambres nous sont   affectées.

A cet endroit, nous deux Henri sommes séparés, car nous sommes répartis par régiment. Je suis au 1er étage et lui au 3ème mais du même bâtiment et demain nous nous reverrons comme à l’habitude. Notre lit est très dur à côté de celui d’Hardinghen. Un isolateur en bois, une paillasse et deux couvre-pieds. Voilà toute notre literie. C’est maigre ! Enfin je m’étends dessus et je n’ai pas l’air de vouloir m’endormir bien vite.