Samedi 31 octobre 1914

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La journée est calme. Le soir il n’y a pas de blessés de sorte que nous passons une très bonne nuit. Durant la journée : très grave accident à relater concernant  une batterie de quatre mortiers de 220 en place devant Bienvillers.

Cette batterie tirait quand  tout à coup, une pièce éclata en y mettant le feu, des éclats projetés en tous sens  blessèrent neuf artilleurs et en tuèrent trois en mettant la pièce de chaque côté hors de service ; aussitôt une enquête fut ouverte pour savoir si cela provenait d’un défaut de la pièce ou du projectile.

Je n’en connais pas les résultats. Enfin grave accident à déplorer.

Vendredi 30 octobre

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Journée comme les précédentes : très calme ici. Au soir nous partons pour Bienvillers pour remplacer les équipes qui ont passé la nuit. Aussitôt arrivés, nous partons à la relève devant Monchy en passant par Hannescamps.

Pendant que nous sommes à la recherche des compagnies, il se produit une petite attaque. Nous nous plaquons dans une tranchée  et dix minutes après tout  cesse. Nous continuons notre relève. Ensuite nous revenons à Hannescamps, puis à Bienvillers pour y passer le restant de la nuit.

Jeudi 29 octobre

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Durant la journée nous repartons à Bienvillers. Les cuisiniers nous y apportent à manger. Le soir, trois équipes seulement y restent pour passer la nuit.

En faisant la relève, ils se trouvent en pleine attaque. Heureusement une tranchée se trouve là qui leur offre un bon abri. Au bout d’une heure la relève s’opère sans incident.

Moi j’en écrase à Souastre.

Mercredi 28 octobre 1914

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Le calme règne toujours. Quatre équipes partent à Bienvillers. Pendant ce temps il se produit une attaque par le 69ème qui réussit en partie mais faute de liaison, elle tourne à notre désavantage. Deux compagnies qui étaient parvenues au village, s’y trouvent cernées. Pendant deux jours elles résistent à l’ennemi et donnent signe de vie en sonnant le refrain du régiment. Il est fait des efforts inouïs pour les délivrer mais sans y parvenir. Pourtant une centaine d’hommes font une trouée à la baïonnette faute de cartouches et la moitié parvient à s’échapper, les autres étant restés sur le terrain.

De notre côté, le régiment n’a pas de blessés, le major nous renvoie à Souastre. Pas d’incident pour la nuit.