Vendredi 31 juillet 1914

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Quatre heures. Le lieutenant Marcel qui s’occupe de la réquisition des chevaux nous rassemble pour faire une réquisition partielle ou plutôt pour acheter des chevaux. Nous en trouvons quelques uns qui sont matriculés aussitôt et harnachés ensuite ; ils vont servir pour le ravitaillement du régiment. Il manque quelques conducteurs. Des  musiciens sont pris  pour en tenir lieu. Ceci se passe tout l’après midi.

C1_31_Juillet Six heures : Mobilisation générale du 20ème Corps.
La commission 58 fonctionne normalement ; nous partons avec les feuilles de réquisition et ramenons les chevaux. Moi, seul suis envoyé  chez les membres de la commission avec pour chacun ordre de se rendre de suite  place d’Alliance*. Ces membres sont presque tous conseillers municipaux. Pour aller plus vite je saute dans le train.
Ensuite, cette tournée terminée, je pars à mon tour chercher mes chevaux désignés. Les chevaux sont classés matriculés avec des fers rougis sur le sabot gauche et évalués.

Cette évaluation se fait dans de mauvaises conditions par des gens qui n’y connaissent rien. De mauvais sont estimés bien au dessus de leur valeur et d’autres très bons inversement. Nous passons toute la nuit à cela. Au matin, nous avons les chevaux qui n’ont rien à manger et font une vie d’enfer. Plusieurs se détachent et enfin on se décide à les faire boire dans le bassin du monument.
Dans la nuit en réquisitionnant nous rencontrons les facteurs qui portent à domicile les cartes de mobilisation. Les femmes protestent, pleurent les hommes partent aussitôt rient et chantent ils doivent rejoindre leur régiment respectif et sans délai.

Jeudi 30 juillet 1914

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Quatre heures du matin, mobilisation effets III.
Le régiment part au plateau d’Amance faire des travaux de campagne (fossés, tranchées etc.…). Le soir, deux bataillons seulement reviennent, les hommes avaient leurs cartouches.
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Nous faisons concert à la Pépinière*, mais justement, on sent qu’il y a du mauvais dans l’air ; plusieurs fautes sont commises. A notre arrivée au quartier on rappelle  le sergent pour demander l’adresse des officiers permissionnaires et pour les faire rentrer le plus promptement possible ainsi que celles de tous les hommes également en congé.
Dix heures et demie : on vient chercher le sergent de semaine : mobilisation.
Les effets avaient déjà été touchés dans la journée ; nous touchons le reste : le campement, les vivres de réserves, les musettes avec une chemise puis les paquets de pansements et les cartouches pour les officiers ; tous les sacs sont montés, la situation devient à présent de plus en plus angoissante.
Deux heures : les bataillons partent. La foule qui s’est aperçue déjà de quelque chose les acclame à leur sortie de quartier. Nous passons le reste de la nuit sur notre lit  tout habillés mais sans dormir.

Mercredi 29 juillet 1914

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La 22ème brigade occupe déjà militairement les ponts, les usines électriques, à gaz, moulins, gare et préfecture etc.….
Nous préparons notre mobilisation, Nous touchons les effets et vivres de réserve. Les 8 ème et autres régiments d’artillerie partis pour manœuvrer et faire les écoles à feu au camp de Mailly sont rappelés en hâte pour retourner à leur garnison respective.

Mardi 28 juillet 1914

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La Serbie refuse les conditions de l’ultimatum. Quartier libre l’après midi, nous sortons lire les dépêches. La Russie s’interpose à une action par les armes de l’Autriche contre la Serbie. Nous allons reconnaître l’emplacement des chevaux que nous aurions à réquisitionner dans les différentes maisons.